ALOES ET BAMBOUS

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Huile sur toile (1,00 m x 1,00 m)

Je me souviens du premier matin après notre déménagement, où de la fenêtre de notre salle de bains, encore sans rideaux,
je suis littéralement tombée sous le charme de la vue sur le jardin. On voit d'abord au premier plan le potager et ses petites allées qui serpentent,
à gauche une dizaine de bananiers et à droite plusieurs palmiers entourés de becs de perroquets et de philodendrons.

C'est l'endroit que l'on ne montre pas d'emblée aux invités : "l'arrière de la maison ".Pourtant le lieu ne manque pas de charme.
Les fleurs de potiron s'immiscent rampantes entre les fleurs de Madagascar. Les choux qu'on a laissé grimper en hauteur forment un groupe compact
derrière les petits pieds de piments rouges et touchent presque le grillage qui clôt le potager.
Et puis, au-delà de la cloture, le regard se perd dans un tableau du Douanier Rousseau.

D'immenses bambous s'agitent en éventail, et grincent sous l'effet du vent et de gros aloès touffus, plantés à touche-touche,
et d'une taille que je n'avais pas encore vue, forment une haie impénétrable sur tout un côté et se sont essaimés aussi,
sans doute naturellement, au fil des années, au milieu du terrain.
On distingue quelques eucalyptus derrière et on devine malgré un certain désordre que le jardinier a dû ramasser souvent leurs feuilles,
car elles recouvrent quasiment dans un joli grand tas central d'autres déchets de jardin : bouts de branches et vieilles palmes.     

Les pas ont dessiné autour une étroite allée circulaire d'où arrivent d'autres mini chemins qui frôlent quelques petits manguiers
et ce que je prends de loin pour un oranger. Les longues feuilles d'aloès piquantes, se croisent , en touchant terre et gênent l'accès aux fruitiers.
Matias, notre jardinier,  m'apporte parfois à l'heure du petit déjeuner quelques fruits cueillis dans ce coin à demi sauvage :
quelques mangues juteuses et ces petits citrons délicieux qui ressemblent à s'y tromper à des mandarines.

J'en ajoute un dans le jus d'agrumes du matin et cela lui donne un parfum sans pareil ! 
Il y avait tant de fruits dans le citronnier, à notre retour de vacances en septembre, que j'ai voulu en faire de la confiture, qui s'est révélée très acide.
Au deuxième essai, avec quelques oranges en plus et davantage de sucre, "mes citrons" ont donné une gelée au goût intéressant
et devenu presque indispensable à nos papilles.

Spontanément, après notre installation, j'ai repris les pinceaux et l'inspiration est venue de ce premier flash, de cette contemplation à l'aube,
le nez collé à la fenêtre, à l'heure de la douche, de cette vision de jardin primitif : une sorte d'Eden où l'on cueille les fruits d'une nature généreuse.

Le douanier qui prenait pour modèle des gravures ou des publicités aurait tellement été heureux sans doute de le voir en vrai ...
Je n'aperçois pas de lion ni de flamants roses derrière mes carreaux, mais tout de même quelques petits singes et beaucoup d'oiseaux.
Un musicien s'inspirerait peut-être quant à lui, du concert des volatiles. A chaque heure c'est un ravissement des sens.

Pleine de vitalité, j'ai commencé à peindre les bambous, puis les aloès et le citronnier.
J'ai laissé quelques plages de ciel blanc à travers les branches des eucalyptus et au sol la couleur de la terre rouge
et ces différents verts mêlés de jaune de la végétation exubérante.

Les aloès depuis, ont fleuri, en lançant de grandes flèches vers le ciel, cela arrive tous les douze ans, parait-il,
et ils se sont mis ensuite à dépérir doucement. Je suis d'autant plus heureuse de les avoir immortalisés sur une toile.
Une multitude de petits rejetons poussent déjà à leurs pieds : le miracle d'un spectacle toujours renouvelé...

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